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COLLOQUE sur « la problématique des éleveurs Mbororo dans le Bassin de l’Uélé : pour la recherche d’une paix durable »

COLLOQUE sur « la problématique des éleveurs Mbororo dans le Bassin de l’Uélé : pour la recherche d’une paix durable »

  • Dr. Edmond Mbussa
  • 17 . Jul . 2019
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RAPPORT GENERAL DU COLLOQUE ORGANISE PAR L’UNUVERSITE DE L’UELE

  • CONTEXTE

En fonction de difficile cohabitation due à l’ampleur des exactions perpétrées sur la population de l’Uélé par les Mbororo,  l’Université de l’Uélé a résolu d’organiser un colloque sous le haut patronage du Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire sous le thème : « Problématique des éleveurs Mbororo dans le bassin de l’Uélé : Pour la recherche d’une paix durable », tenu du 11 au 14 juillet 2019; avec comme objectif général : comprendre et proposer les stratégies efficaces et durables aux phénomènes des éleveurs Mbororo dans le bassin de l’Uélé.

 Comme objectifs  spécifiques :

  • Faire un état de lieuxde la présence des éleveurs Mbororo dans le bassin de l’Uélé ;
  • Proposer les stratégies durables de résolution de la problématique des éleveurs Mbororo ;
  • Mettre en place un cadre de concertation permanent traitant des questions relatives aux éleveurs Mbororo dans le bassin de l’Uélé.

 Les résultats attendus au terme dudit colloque sont les suivants :

  • L’état de lieuxde la présence des éleveurs Mbororo dans le bassin de l’Uélé établi ;
  • Les stratégies durables de résolution de la problématique des éleveurs Mbororo proposées ;
  • Le cadre de concertation permanent traitant des questions relatives aux éleveurs Mbororo dans le bassin de l’Uélé mis en place.
  • Déroulement des activités
  1. Premier jour : le 11 juillet 2019

Après la prière d’ouverture dite par Monseigneur Sylvain MALITANO, représentant de l’Evêque du Diocèse d’Isiro-Niangara, quatre discours ont été prononcés dans l’ordre ci-après :

  1. Les mots de bienvenue adressés aux participants par le Rév. Père Roger GAISE, Recteur de l’Université de l’Uélé ;
  2. Les mots de représentant des partenaires, le Délégué du Parc National de la Garamba, Richard MUGISA ;
  3. Les mots de représentant du Gouverneur de la Province du Bas-Uélé, Floribert INGABEBU ; 
  4. Le discours du coup d’envoi du Représentant du Gouverneur de la Province du Haut-Uélé et Gouverneur ad intérim, Son Excellence CHRISTIAN PITANGA MANGANDRO, Vice- Gouverneur.

2. Deuxième jour : le 12 juillet 2019

Après présentation des participants du jour, il y a eu les états de lieux et propositions des 9 territoires touchés par la présence des Mbororo dans le Bassin de l’Uélé.

Etat de lieu du territoire d’Ango 

C’est en  1999 que les éleveurs Mbororo sont entrés pour la première fois dans le Territoire d’Ango. Depuis cette date, la cohabitation était déjà difficile avec la population locale. Ils ont même parfois tendance à travailler en complicité avec les Rebelles ougandais de la LRA contre les autochtones et même contre toute action entreprise par les forces armées de la République démocratique du Congo en vue de pacifier le territoire occupé. 

Les Impacts de la présence des éleveurs Mbororo dans le territoire d’Ango constatés ne sont plus à démontrer. Ces éleveurs étrangers brulent des brousses, détruisent la faune et la flore, tuent la population autochtone, créent un sentier via le passage de leurs bêtes occasionnant l’entrée des rebelles de la LRA.

Eu égard aux atrocités massives susmentionnées, la population du territoire d’Ango souhaite le départ sans condition de ces éleveurs.

Etat de lieu du Territoire de Bondo.

Les conséquences fâcheuses de la présence de ces « refugiés climatiques » sont immenses telles que : assassinat de la population locale, dégradation avancée de l’écosystème avec des influences socio-économiques négatives sur le niveau de vie de la population locale, dévastation des champs de villageois, pollution des eaux et du sol, difficultés de la population d’accéder à leurs champs et les Mbororo constituent le bouc émissaire de la LRA.

Fort est de constater que les abus commis par les éleveurs Mbororo sur les autochtones se réalisent en connivence avec les autorités locale, nationale et de la communauté internationale qui ne tiennent pas compte des droits de la population locale et du fait que ces éleveurs sont entrés dans le territoire national en situation d’irrégularité, c’est-à-dire sans suivre les procédures régulières de migration et donc ne disposant pas des documents requis. 

En termes de propositions, les filles et fils du terroir de Bondo envisagent : la marche pacifique chaque le 25 du mois, que les Hema cessent d’être le bouclier de Mbororo et le départ immédiat et sans condition de ces étrangers. La population de Bondo s’oppose à la cohabitation pacifique avec les Mbororo qui n’agissent pas dans une logique de paix et  de respect des lois de la République démocratique du Congo. 

  1. Etat de lieu du territoire de Poko

Notez que sur les 11 chefferies et 2 secteurs, 6 chefferies et 2 secteurs sont occupées par les mbororo et une chefferie est occupée par les Hema.

La majorité des habitants de Poko pratique l’agriculture qui devient de plus en plus impossible avec la présence de ces nomades pasteurs. Le phénomène Mbororo facilite les effets d’entrainement. Les corolaires de cette situation ne sont nombreuses, à savoir : pas de cohabitation pacifique entre les autochtones et ces éleveurs d’autant plus que ces derniers sont armés et assassinent les autochtones pour des faits répréhensifs (avoir du miel, aller à la chasse, etc.), hausse de prix des denrées alimentaires, braconnage amplifié, menace de la population qui réclame son droit, décapitation des autochtones, conflit de la famille régnante pour la cession de concession sans consensus familial.  D’où, l’Inquiétude de la population sur le complot international, régional avec les autorités locales causes de la contradiction entre droit de l’homme des autochtones et celui des étrangers.

Comme résolutions, la population locale suggère : la prise en charge du gouvernement central de ses responsabilités, abrogation de l’arrêté portant cantonnement de mbororo et pas question de cohabitation avec eux  à 80%. La population locale se sent abandonnée à la merci de ces éleveurs avec la complicité des autorités coutumières.

  1. Etat de lieu du territoire du Niangara.

L’entrée des Mbororo à Niangara remonte en  2011. Comme décrié dans d’autres circonscriptions déconcentrées, le territoire de Niangara n’en fait pas exception, car cet état de lieux démontre qu’il y a : assassinat des autochtones, destruction de l’écosystème, dépravation des mœurs (adultère et autres), abus des échanges commerciaux au détriment de la population locale, baisse du rendement agricole.

NB : Il existe parallèlement des éleveurs Hema dans le territoire de Niangara dont leur présence ont les mêmes effets que les Mbororo, le conseil du territoire avait dû suspendre les arrivées des éleveurs Hema et la cession de terre à ceux-ci.

Le peuple de cette contrée recommande l’identification de tous les éleveurs Mbororo selon leur provenance afin de permettre leur rapatriement et refuse de cohabiter avec eux.

  1. Etat de lieu du territoire de Dungu

Il existe environ 2.800 éleveurs Mbororo dispersés dans les chefferies du territoire de Dungu avec de nombreuses incidences négatives ci-après : destruction de l’écosystème, destruction de la paix sociale, menace voire expulsion de la population locale et leur représentant qui osent résister à l’envahisseur Mbororo, assassinat de la population par des éleveurs Mbororo sans que justice ne soit faite. Ces éleveurs font des enfants avec les femmes et les hommes congolais et donnent même à ces enfants des noms congolais. Cette situation est perçue par certains analystes locaux comme « une bombe à retardement » et craignent que ces enfants causent un jour beaucoup de torts à la population autochtone à l’instar de ce qui se fait dans les provinces voisines de l’Ituri et de Kivu.

En somme, la population de ce territoire recommande le départ sans condition des Mbororo car, disent-ils, leur présence ne lui a jamais été bénéfique.

  1. Etat de lieu du territoire de Rungu

Les Mbororo s’étaient introduits dans le territoire de Rungu en provenance du territoire voisin de Niangara et se sont installés aussi dans l’aire protégée de Penge alors que, c’est interdit. Il n’existe présentement aucun éleveur Mbororo dans le territoire de Rungu.

De ce fait, plus de 240 hectares des champs dévastés par les bêtes des mbororo qui ont causés aussi des tors dans la réserve de faune de Penge. La population cultive très loin de son habitation à cause de la présence des Mbororo. Comment maintenir l’environnement local après le départ des Mbororo ?

Il y a une complicité entretenue entre les éleveurs Mbororo et certaines autorités de la place. Il existe à ce jour un réel problème concernant l’installation des éleveurs Hema dans la Province du Haut Uele. Les Hema poursuivent à entretenir les maux provoqués par les éleveurs Mbororo et la présence des bêtes fait fuir les animaux conservés dans les aires protégées. Notez que les exactions des Mbororo ont eu des impacts négatifs sur le quotient électoral via le fichier électoral 2018 dans les circonscriptions  électorales touchées par ce fait.

La population exige la rupture de relation commerciale Hema-Mbororo pour favoriser le départ immédiat de ces éleveurs étrangers et que les autorités politico-administratives se penchent sur ce problème pour y trouver solution sinon, la population se prendra en charge dans l’immédiat.

  1. Etat de lieu de Territoire de Wamba

Le territoire de Wamba ne compte actuellement aucun Mbororo d’autant plus qu’ils étaient chassés par les autochtones, mais les statistiques de ces complices s’élèvent à 28 Hema avec 28.920 têtes des bovins à Wamba. 4 cas de menaces aux autorités coutumières : Violation de concession, sabotage de chef de groupement à MANGBELE et Chef de chefferie. Conséquences néfastes : cheptel en décadence à cause des moutons moins chers de Mbororo, des troubles dans les échanges commerciaux.

  1. Etat du territoire de Watsa

Les exactions que commettent les Mbororo sont identiques à celles des Hema et de la même façon que les Hema sont entrés à Watsa, c’est de cette façon qu’ils sont entrés à Rungu avec des conflits fonciers et conflits sociaux (abus comme assassinats, viols et autres). Pas question de cohabitation pacifique aussi.

  1. Etat de lieu du territoire de Faradje

Historiquement, le territoire de Faradje a une vocation pastorale, car il était jadis sous l’autorité du pouvoir central, ce n’est qu’après referendum en usant 2 bulletins dont Rameau (H-U) et Tête du taureau (Ituri) qu’il est devenu sous la tutelle du H-U (rameau). La présence de Mbororo signifie conflit. Conséquences néfastes : champs ravagés sans réparation ni dommages et intérêts, tarissement des sources d’eau, épizootie, facilité du braconnage, destruction du domaine protection des Hippopotames et de chasse. Il faut mettre sur pieds d’autres stratégies pour les mater parce que toutes les pistes utilisées avant sont vains. Les femmes de Faradje sont accompagnées par leurs maris pour se rendre aux marchés ou aux champs pour éviter de voir leurs provisions être ravies par ces éleveurs Mbororo.

Troisième jour : le 13 juillet 2019

Au total la délégation des éleveurs Mbororo lors de ces travaux était composée de 4 personnes, dont Ali (Poko), Mahad (Poko) et Mahad (Ango) de nationalité tchadienne et un Sahidou LAMANI (Bondo) de nationalité centrafricaine.

Le nombre total des éleveurs Mbororo se situant dans le territoire du Haut et Bas Uele n’est pas connu parce qu’il n’existe en ce jour aucune statistique fiable, hormis pour le territoire de Bondo dans le Bas Uele où selon leur Représentant ils étaient au nombre 83 en 2009, 3009 en 2016 et 2599 en 2018. 

Dans leur présentation de la situation, il a été dit ce qui suit :

  • Nous demandons pardon pour les effets qu’ont nos troupeaux sur les champs des autochtones et l’écosystème des milieux que nous traversons ;
  • Nous ne reconnaissons pas détenir des armes à feu et commettre des meurtres envers les autochtones ;
  • Nous sommes sur le territoire congolais uniquement pour la recherche du pâturage ;
  • Nous sommes prêts à collaborer et à obéir aux autorités locale quant à nos actions sur le territoire congolais ;
  • Nous n’avons aucune collaboration avec des groupes armés nationaux et étrangers (LRA, SELECA, ou autres) ;
  • Nous avons tout intérêt à collaborer avec la population locale et leurs autorités car nous vivons sur le sol congolais avec nos familles et nos biens.

 

 

12 exposés ont été présentés :

  1. Ass Sr Noëlla GINIMANGIMI s’est intéressée : « sur l’aperçu historique et évolution de la présence des éleveurs MBORORO dans le bassin de l’Uélé  » dans cet exposé, l’oratrice a démontré que l’entrée des Mbororo remonte à l’an 1940, ensuite en 1980, et en fin ils sont revenus à l’an 2000. Elle précise que la migration de ces éleveurs ne s’inscrit guère dans la logique des demandeurs d’asile.
  2. Dans sa communication sur« Le pastoralisme dans les pays du Sahel et dans la corne de l’Afrique : conflit, insécurité et développement » Madame CT Jeannine AIWA AROYO  a démontré que la commission économique des Nations Unies a reçu plusieurs signalisations des conflits et leurs conséquences sur le développement dans deux régions africaines à savoir le Sahel et la corne de l’Afrique. Il se dégage de cette analyse que, malgré le pastoralisme contribue au développement de certaines contrées, il est souvent source des conflits et d’insécurité.
  3. L’Assistant Dieudonné NAKOMITO a planché sur : «Les conséquences du pastoralisme dans la province du Bas-Uélé : opportunité ou menace ». Cette communication s’est focalisée sur quelques problèmes majeurs en termes de conséquences du pastoralisme en Province de Bas-Uélé. Un accent particulier a été mis sur les opportunités et les menaces enregistrées depuis l’occupation anarchique de ces éleveurs étrangers. Il pense que les opportunités sont dérisoires par rapport aux menaces enregistrées.Il a fini son exposé en se posant la question sur le qualificatif approprié à ces éleveurs (terroriste, envahisseur, hors-la-loi, indésirable, etc.)
  4. Le Professeur Dieudonné LUABA a tablé sur « l’Approches critiques et analytiques sur les conséquences socio-économiques de la présence des éleveurs MBORO et HEMA dans le bassin de l’Uélé: thérapeutiques pour une paix durable ».

Dans son exposé, le conférencier démontre que les mécanismes des solutions durables passent par la consécration du respect des droits de l’homme stipulé dans la constitution de la RDC ainsi que la conformité aux instruments juridiques régionaux et internationaux sur les réfugiés et apatrides qui doivent respecter les conditions d’existence de leur milieux d’accès respectifs.

  1. En abordant son exposé sur «  La problématique de la transhumance Mbororo en République Démocratique du Congo. Une invasion étrangère ou un complot interne : opinion de la population affectée de la province du Haut-Uélé »,l’Assistant Charles ABANAKIELO a conclu que la transhumance Mbororo est une invasion et un complot interne suite au silence coupable de l’Etat Congolais. Il sied de préciser que la présence des éleveurs nomades MBORORO telle qu’observée dans le Bassin de l’Uélé est tout simplement un pastoralisme immigrant suspect dont les mobiles restent à déterminer. 
  2. Dans son exposé sur: « La protection des migrants en droit international de droit de l’homme : Bureau conjoint de nations unies pour le droit de l’homme », CT Sylvain MASUDI  a démontré la nécessité de la protection des migrants en général et des Mbororo en particulier en RDC. Il a par la suite indiquéque, partant des principes régissant l’O.N.U, les Etats membres sont actuellement redevables sur la protection des migrants via le huit mécanismes préétablis. En outre, il ajoute que les migrants Mbororo sont protégés par la convention et ne peuvent être soumis à des traitements inhumains. Par contre, le droit interne est chargé d’organiser leur mouvement dans les pays où ils opèrent. Il recommande les devoirs des mémoires à chacun des congolais à travers la maintenance de la communication, car s’il faut parler de l’Etat de droit, c’est la justice qui en constitue le levier.
  3. Pour sa part, Prof Justin LIMONGO a articulé sa communication sur : « La responsabilité de protéger » comme modèle de régulation du terrorisme en Afrique : Cas des émigrés Mbororo en République Démocratique du Congo » Il évoque que ce paradigme implique trois phases à savoir :
  • La prévention : tous les Etats (RDC, RCA, Sud Soudan, Niger, Tchad, etc.) doivent instaurer le régime démocratique et s’engage à mener la lutte contre la pauvreté.
  • La réaction : il faut procéder par le DDR (Désarmement, démobilisation et rapatriement) des migrants Mbororo dans leurs pays d’origine et le déploiement d’une brigade pour sécuriser les frontières.
  • La reconstruction des infrastructures sociales et économiques en RDC.
  1. Le Chef de Travaux Etienne MALEMA a centré sa réflexion sur « la question de la réparation des dommages liés à la présence des éleveurs Mbororo dans le Haut-Uélé : A la recherche du responsable ». Dans cette communication, le conférencier a démontré la responsabilité du gouvernement provincial dans ces incursions des Mbororo et lui tient le seul responsable de la réparation des dommages causés. Il recommande à la province de prendre des dispositions pour le rapatriement de ces migrants.
  2. Prof. Jean-Claude LIKOSI a abordé sa réflexion sur : « La présence des éleveurs Mbororo dans le Bassin de l’Uélé. Vers quelles stratégies de mise en agenda médiatico-politique ? ». Partant d’une analyse de contenu médiatique tiré aussi bien de la presse locale, nationale qu’un internationale, des rapports nationaux que ceux d’experts internationaux, des actualités tirées des médias en ligne et réseaux sociaux ainsi que des entretiens semi-directifs, il observe une sous-médiatisation de la problématique de la présence des éleveurs Mbororo. Elle note une difficulté sinon une contradiction dans l’identification du statut du Mbororo. Outre le constat d’une communication en circuit fermé via les réseaux sociaux, l’orateur a démontré que les stratégies adoptées par les éleveurs Mbororo a conduit à casser le circuit traditionnel de communication ascendante et descendante ce qui notamment conduit à la perte du pouvoir et de l’autorité traditionnelle.
  3. Le Professeur DonatienTSHIDIBI a axé sa communication sur : « Je suis un émigré parmi vous » (Gen.23). Les patriarches et l’émigration ». L’orateur souligne que les patriarches d’Israël : Abraham, Isaac et Jacob sont des nomades et participent à la transhumance des peuples au Proche-Orient ancien. Selon lui, la présence des Mbororo peut être une interpellation pour les chrétiens. Tout en tenant compte des conflits engendrés par cette présence, ilinvite à rechercher, par tous les moyens des dialogues et alliances, les conditions d’une paix durable entre les habitants du pays (agriculteurs) et les Mbororo (éleveurs), car ils peuvent vivre ensemble dans la complémentarité de leurs activités et de leurs produits.
  4. L’Assistant Guylain ANGOMBEA a tablé sur: « Quelques observations et mécanismes de résolution durable des conflits causés  par l’incursion des éleveurs Mbororo dans le bassin de l’Uélé : ONGD-ASBL JTM RDC ». Il a observéque le changement climatique causant la désertification d’une partie de Centrafrique, du Soudan du Sud, et voire même d’autres pays rend la pousse d’herbes plus difficile d’où la pénurie qui provoquent l’exode et la transhumance. En cours de route les tensions naissent et s’aggravent en raison de la crise que connait l’Etat.La police, l’armée et la justice sensées mettre de l’ordre dans une société sont aux abonnés absents dans les localités rurales, victimes des incursions des Mbororo, des LRA et d’autres groupes des rebelles.

Ainsi, il a fait une série des recommandations pour réguler l’accueil, l’installation et éventuellement l’expulsion des Mbororo du territoire congolais en vue d’une paix durable.

  1. Dans son exposé, le Coordonnateur du Conseil Provincial de  la Jeunesse l’Assistant Me Isaac DEGBA a exploité le thème basé sur : « Conseil provincial de la jeunesse et l’opération Zéro Mbororo », où il a précisé que le CPJ est une structure qui prône l’encadrement des jeunes sous diverses formes et que ces derniers doivent dire «  non » à l’attentisme politique voire la dépendance qui est un motif dans l’opération « zéro mbororo ».

Après ces différents exposés, le Représentant du Gouverneur a donné la perception du gouvernement provincial du Haut-Uélé sur le phénomène Mbororo où il estime que même si on observe un silence de la part de l’autorité de l’Etat, ce phénomène est toujours au menu du programme et pourra être règlementé dans un délai raisonnable. Il a clôturé en disant que même si on pense que l’Etat dort, il pourra se réveiller avec beaucoup plus de rigueur.

Par ailleurs, le représentant du Gouverneur du Bas-Uélé a fait la lecture du message de son autorité hiérarchique, qui a insisté sur le fait que la question des éleveurs Mbororo est un phénomène insupportable dans sa province. Il envisage un rapatriement urgent avec la col

laboration des autorités locales, de la société civile, des services spécialisés (PNC, FARDC) et des organisations des Nations Unies. Il propose le déploiement des unités supplémentaires le long de la frontière de Bas-Uélé et la RCA. 

Quatrième jour : le 14 juillet 2019

C’est à partir de 10h20  que les travaux en carrefour ont commencé cela  axés essentiellement sur l’identification des actions prioritaires et le mécanisme de suivi de ces actions.

Après la mise en commun en plénière, les recommandations suivantes ont été formulées :

  1. Mise en place de commission de mise en œuvre de suivi des recommandations ;
  2. Mise en place d’une commission interprovinciale HU-B-U ;
  3. Constitution d’une base des données relatives à la problématique des éleveurs Mbororo ;

Au gouvernement central :

  1. Mise en place d’une commission parlementaire mixte (interprovinciale et centrale) chargée de suivi des actions prioritaires émises ;
  2. Entamer immédiatement le processus de rapatriement des éleveurs Mbororo ;
  3. Restaurer l’autorité de l’Etat dans tous les territoires, chefferies et villages impactés par la présence des éleveurs Mbororo ;
  4. Rétablir le contrôle, l’intangibilité et la sécurisation de nos frontières dont la porosité constitue le fait générateur de ce fléau ;
  5. Vulgariser et assurer l’appropriation par toutes structures administratives décentralisées ainsi que par la population de tous les textes légaux et conventionnels régulièrement ratifiés par la RDC et ses partenaires ;
  6. Exiger le paiement des impôts, taxes et redevances coutumières liés au séjour des éleveurs Mbororo sur le territoire national et l’indemnisation des victimes de leurs faits et actes ;
  7. Installer les juridictions civiles et militaires sur toute l’étendue du bassin de l’Uélé ;
  8. Mettre en œuvre des politiques et actions incitatives afin de favoriser et promouvoir les activités agropastorales sédentaires ;
  9. Procéder au désarmement et démobilisation lors de rapatriement des éleveurs Mbororo.

Au niveau provincial, territorial et coutumier :

  1. Emettre des édits provinciaux et interprovinciaux relatifs au rapatriement des éleveurs Mbororo en dehors des frontières de la république démocratique du Congo ;
  2. Emettre des édits provinciaux pour la protection de l’écosystème, aires et espèces protégées ;
  3. Prendre des arrêtés provinciaux mettant fin à toutes les activités commerciales entre les éleveurs Mbororo et la population ;
  4. Prendre des mesures pour la réinstallation de population déplacée de leurs villages à la suite de l’envahissement des éleveurs Mbororo ;
  5. Interdire aux autorités toute complicité dangereuse avec les éleveurs Mbororo ;
  6. Assurer la remontée effective de l’information de la base vers les institutions provinciales et nationales.

 

Fait à Isiro, le 14/07/2019

Le Secrétariat Technique

 

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